cinéma algorithmique

Nous employons le terme de §[cinéma algorithmique] pour décrire moins des dispositifs techniques de fabrication d’images via l’informatique (effets spéciaux, montage non-linéaire, etc), mais plutôt pour décrire des phénomènes d’§[algorithmisation] de ce que le cinéma aurait de plus intime. « Algorithmique » parce qu’un programme est désormais derrière le déroulement : dans la compression de l’image puis son transfert sur le réseau, finissant par son re–assemblage et décompression côté utilisateur. « Algorithmique » parce qu’en introduisant une part interactive dans l’image, le programme commence à prendre le dessus sur l’image et fait croître une nouvelle logique à la fois dans la narration, mais également dans la forme de l’image, transformant ainsi sa plasticité. « Algorithmique » parce que les moteurs de recherche ont depuis saisie l’image, rendant inéluctable le développement d’un cinéma combinatoire, voire génératif. Et puis « algorithmique » parce que l’algorithme englobe mais dépasse tous ces ingrédients (le programme, l’interactivité, la générativité) et fait coexister l’image dans un tissu de manipulations qui dépendent d’aucune logique d’image, et qui — dans un avenir indéterminable — ne se passeront même pas à l’intérieur de ce que nous appelons aujourd’hui des ordinateurs.